Concert

Diversité et variété

Can Cakmur |

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Carte blanche à Can Cakmur

La Sonate en do majeur de Mozart est une œuvre particulièrement inspirée. C’est un kaléidoscope de thèmes dans lequel les caractères changent furtivement, comme une réminiscence de la commedia dell’arte. Ainsi, il semble que Mozart ait ajouté au dernier moment la coda du 2e mouvement où on entend un thème mineur et inquiétant se transformer en un thème joyeux et majeur.

La mort prématurée de Lili Boulanger a soulevé de nombreuses questions de l’ordre de « et si… ? ». Sa mort à l’âge de 24 ans ne doit pas voiler son œuvre extraordinaire -malheureusement trop pauvre pour le piano seul. Ses compositions sont sans l’ombre d’un doute aussi complètes et exceptionnelles que celles de Félix Mendelssohn au même âge. J’ai décidé de jouer le Prélude en ré bémol majeur de Lili Boulanger comme un prélude mystérieux et envoûtant menant tout naturellement à la Sonate de Ahmed Adnan Saygun.

L’unique Sonate pour piano de Adnan Saygun fut composée quatre jours avant la mort du compositeur. Ce morceau reflète de façon sublime la combinaison entre son enseignement à la Schola Cantorum et sa recherche ethnomusicologique dans le domaine organique.

Les gammes traditionnelles et les rythmes de la musique turque sont des éléments constitutifs de sa composition, ce qui le rapproche d’un Vincent d’Indy ou d’un César Franck dans certaines œuvres.

Franz Schubert réutilise des motifs de ses lieder dans ses pièces instrumentales. Un exemple célèbre est la reprise de l’épilogue de An den Mond in einer Herbstnacht dans le 2e mouvement de la Sonate pour piano en la mineur D. 784. De même, dans sa Sonate pour piano en la mineur D. 845, composée à la même période, Schubert reprend un motif du très sombre lied Totengräbers Heimweh. Si, dans ces deux exemples, la reprise du matériel musical ne représente pas un air significatif de l’œuvre, elle endosse un rôle primordial dans le caractère de cette sonate. Sans vouloir me livrer à une trop grande spéculation, je trouve que cette sonate doit son pouvoir expressif à la mort et à l’attrait de l’au-delà, à l’instar de ce lied Totengräbers Heimweh (« nostalgie du fossoyeur »).

Programme

  • Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
    Sonate pour piano n°10 en do majeur, K. 330 | 1783
  • Lili Boulanger (1893-1918)
    Prélude en ré bémol majeur | 1911
  • Ahmet Adnan Saygun (1907-1991)
    Sonate pour piano, op. 76 | 1990
  • Franz Schubert (1797-1828)
    Sonate n°16 en la mineur D. 845 | 1825

Diversité et variété

Mercredi
20
Juillet
2022
20:00

Adresse

Cathédrale Sainte-Croix-des-Arméniens 13 Rue du Perche - 75003 Paris