PanierMon compte
   
Dimanche
01
JUILLET
2018
16:00

Adresse

Cour d'honneur
Archives nationales
60 rue des Francs Bourgeois
75003 Paris

Caprices italiens

Ensemble Les Illuminations

Présentation

C’est le début de l’été, les rayons du soleil caressent votre visage tandis que vous sirotez une boisson fraîche, en attendant votre pizza et en observant les reflets dorés de la Mer Adriatique…

Est-ce cela l’Italie ?

On imagine Tchaïkovski dans le même état de volupté lorsqu’il se rend à Florence en 1890 et y compose en six semaines, dans un grand enthousiasme, son opéra La Dame de Pique. À son retour en Russie, il compose son sextuor, Souvenir de Florence opus 70, l’esprit plein d’images italiennes. Après avoir quitté son poste du Conservatoire de Moscou en 1878, Tchaïkovski parcourt l’Europe entière à partir de 1880, et notamment l’Italie qu’il aime particulièrement et qui lui inspire son poème symphonique Capriccio Italien, sorte de carnet de voyage, où il mêle de manière éclectique des influences italiennes et un romantisme russe chevillé au corps.

Le Capriccio de Richard Strauss est une pièce de forme libre, souvent enjouée, enlevée et virtuose. C’est ce titre, en italien dans le texte, qu’utilise Strauss pour son opéra datant de 1940-41 et créé en 1942 à Munich. Ici, plus de pizza, plus de soleil…la guerre ravage l’Europe et le Capriccio est une œuvre de réflexion, d’introspection ; l’art y est discuté, en plein tumulte sanguinaire. Dans cette idée, l’opéra s’ouvre sur un long passage de sextuor à cordes, une courte pièce de musique de chambre, de musique pure, sans texte. C’est toute cette tension qui sera présente dans l’opéra : d’un côté, Flamand, le compositeur, « Prima la musica ! », et de l’autre Olivier, le poète, « Prima le parole ! ». Ceux-ci se disputent le genre du spectacle donné pour l’anniversaire de la Comtesse Madeleine :  un opera seria et du bel canto italien, ou un spectacle mêlant poésie et théâtre ? Entre musique et poésie, faut-il choisir ?

L’action de cet opéra de Strauss se situe vers 1775, et à cette époque, le Flamand de la vie réelle s’appelle…Luigi Boccherini. Grand violoncelliste de son temps, son catalogue d’œuvres instrumentales de musique de chambre est d’une ampleur impressionnante, trios, quatuors, quintettes à deux violoncelles, avec guitare, avec flûtes, sextuors,… Grand voyageur au même titre que Tchaïkovski, il pourrait être considéré comme un citoyen européen.

Nous faisons le choix de jouer, en ouverture de ce concert, le Finale de son Sextuor n°4 en fa mineur op. 23, qui ressemble à l’image que l’on se fait d’un caprice italien, puis d’enchaîner le mouvement lent de ce sextuor, Grave assai, et le Capriccio de Strauss. En effet, le Grave assai de Boccherini, en fa mineur, est étonnant de drame et de tension contenue et sert finalement « d’ouverture à l’ouverture » de Strauss, qui est dans la tonalité homonyme, en fa majeur.

 

 

Programme

  • Luigi Boccherini (1743 – 1805)
    Sextuor n°4 en fa mineur, op. 23 (extrait) | 1776
    Finale (Allegro ma non presto) - Quatrième mouvement
    Grave Assai - Troisième mouvement
  • Richard Strauss (1864 – 1949)
    Capriccio (extrait) | 1941
    Ouverture
  • Entracte

  • Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840 – 1893)
    Souvenir de Florence, op.70 | 1890-1892
    Allegro con spirito
    Adagio cantabile e con moto
    Allegro moderato
    Allegro vivace