Concert

En compagnie du Trio Karénine [COMPLET]

Trio Karénine
Raphaël Sévère | Clarinette

Présentation

La musique de Chostakovitch évolue dans un terreau nourri des guerres et des invasions que le compositeur a connues, qui ont traversé son existence en lui soufflant au passage l’inspiration créatrice que nous retrouvons dans un grand nombre de ses œuvres. Mais lorsqu'il compose en 1923 son Trio pour piano et cordes opus 8, Chostakovitch est surtout amoureux de Tatiana Glivienko, un amour partagé dont il gâchera lui-même la destinée.

Composé en 1938 et créé deux ans plus tard à l'aube de la seconde guerre mondiale, Contrastes (pour clarinette, violon et piano) de Bartók débute par un verbunkos, danse traditionnelle hongroise de recrutement militaire. Puisant son inspiration dans les musiques populaires hongroises, roumaines, bulgares, allant même jusqu'à imiter le son du gamelan indonésien, il semblerait que Bartók s’amuse à défier la dictature nazie, qui relègue alors toute musique éloignée de la tradition germanique au rang de « musique dégénérée », un titre que Bartók - totalement opposé au régime - choisit de considérer comme honorifique.

La rencontre avec le clarinettiste Benny Goodman sera pour Bartók un vrai déclencheur d’inspiration, tout comme la rencontre en 1891 de Brahms avec le clarinettiste Richard Mühlfeld. Tout de suite charmé par le jeu de l’interprète, Brahms alors âgé de 58 ans, entame la composition de son Trio pour clarinette, violoncelle et piano opus 114. Loin des sarcasmes et de la guerre, on entre dans la dimension profondément romantique et apaisée de l'une des toutes dernières œuvres du compositeur.

La pièce de Raphaël Sévère, écrite pour le Trio Karénine, nous amène au cœur de la guerre puisqu'elle décrit la bataille du pont d'Arcole en 1796, première victoire du jeune Bonaparte, où la musique se confond dans l'esprit de l'adversaire avec les lourds engins de l'artillerie venus pour les détruire.

En hommage aux romantiques allemands, Philippe Hersant compose en 1998 son Nachtgesang, interlude contemplatif aux accents presque folkloriques, évoluant dans une atmosphère sombre et cosmique...qui réunira les quatre artistes de la soirée.

 

Le Trio Karénine et Raphaël Sévère 

Programme

  • Dimitri Chostakovitch (1906 – 1975)
    Trio pour piano et cordes n° 1 en ut mineur, op. 8 | 1923
  • Johannes Brahms (1833 – 1897)
    Trio pour clarinette, violoncelle et piano en la mineur, op. 114 | 1891
    Allegro, alla breve
    Adagio
    Andantino grazioso
    Finale : Allegro
  • Pause

  • Belà Bartók (1881 – 1945)
    Contrastes pour clarinette, violon et piano, Sz. 111 | 1938
    Verbunkos (chant de recrutement)
    Pihenö (repos)
    Sebes (danse vive)
  • Raphaël Sévère (Né en 1994)
    Le pont d’Arcole, trio avec piano (création mondiale) | 2020
  • Philippe Hersant (Né en 1948)
    Nachtgesang | 1988

En compagnie du Trio Karénine [COMPLET]

Mardi
21
JUILLET
2020
20:00

Adresse

Cathédrale Sainte-Croix-des-Arméniens 13 Rue du Perche - 75003 Paris