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Jeudi
11
AVRIL
2019
12:30 Réserver

Adresse

Petit Palais
Auditorium
Avenue Winston Churchill
75008 Paris

La musique éveille le temps

Guillaume Durand-Piketty | Piano

Présentation

 

La Suite anglaise n°3 en sol mineur de Bach et la Sonate n°23 en si bémol majeur de Schubert, bien qu’écrites à des périodes différentes et de nature distincte, ont un rapport au temps qui m’a toujours fasciné. En effet c’est comme si le temps s’arrêtait, ou plus exactement, c’est comme si l’on oubliait que le temps passe et que l’on peut alors être pleinement dans le moment présent.

Ces deux compositeurs utilisent des procédés différents : bien que d’une difficulté technique certaine, la troisième suite anglaise n’est pas une œuvre virtuose ou démonstrative, on en vient donc à oublier l’interprète pour être pleinement dans la musique. C’est une suite de danses françaises pour la plupart, or on peut se rappeler que c’est notamment Louis XIV qui dansait sur ce style de musique. À l’époque, la perfection du geste et le contrôle du corps étaient recherchés, ce qui explique la grande noblesse de cette musique. Enfin, les suites anglaises se distinguent de leurs homologues françaises par la polyphonie germanique et le développement harmonique qui y sont présents ; elles sont chez Bach l’allégorie de la perfection et donc du Divin, ce qui donne d’autant plus de grandeur à l’œuvre. On notera à ce titre des enharmonies et des modulations très éloignées dans la sarabande.

Schubert utilise également ces enharmonies et ces modulations tout au long de sa dernière sonate, ce qui donne un côté très peu polarisé au niveau de la tonalité (contrairement à son contemporain Beethoven par exemple). On a ainsi l’impression de suivre le cours d’une rivière en l’écoutant : ses thèmes voyagent d’un mode à un autre en changeant de couleur, je pense notamment au premier qui est exposé en si bémol majeur et qui revient avec une grande nostalgie en ré mineur dans le développement. Bien que Schubert se sache condamné quand il compose cette pièce, une profonde sérénité s’en dégage. C’est comme s’il regardait sa vie passer avec une distance. Cette sonate est éclairée d’une lumière triste ; notamment le deuxième mouvement dans lequel le désespoir profond de la première partie est contrasté avec la lumière de la partie centrale qui peut-être montre son sourire face à la mort.

Programme

  • Jean-Sébastien Bach (1685 – 1750)
    Suite anglaise n°3 en sol mineur, BWV 808 | 1715 – 1720
    Prélude
    Allemande
    Courante
    Sarabande
    Gavotte I & II
    Gigue
  • Franz Schubert (1797 – 1828)
    Sonate n°23 en si bémol majeur, D 960 | 1828
    Molto moderato
    Andante sostenuto
    Allegro vivace con delicatezza
    Allegro ma non troppo

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