Entre ombre et lumière
La répétition publique de ce concert aura lieu le 8 juillet, de 12h30 à 13h30.
Dans ce programme traversant styles et époques, les couleurs hispanisantes de Scarlatti et Granados se mêlent à l’effervescence foisonnante de Mendelssohn et à la lumière d’une Italie rêvée par Chopin, de la Barcarolle au final rayonnant de la Sonate op. 58.
Trois sonates de Scarlatti ouvrent ce voyage. Pleines de vie et de brillance, ces miniatures aux caractères contrastés déploient une infinité de couleurs et d’articulations étincelantes, chacune affirmant un caractère et une écriture qui lui sont propres.
Les Variations sérieuses de Mendelssohn ont été écrites dans le cadre d’une collecte de fonds destinée à financer l’érection d’une statue en bronze de Beethoven à Bonn. « Sérieuses » en hommage au maître de Bonn ? « Sérieuses » par leur caractère dramatique ? À chacun sa propre interprétation...
Écrite sur un thème sobre et solennel en ré mineur, l’œuvre déploie dix-sept variations qui allient rigueur contrapuntique, virtuosité et profondeur expressive. Mendelssohn y explore une remarquable diversité de caractères et renouvelle sans cesse l’écriture pianistique, faisant de chaque variation une facette nouvelle d’un même discours.
L’Allegro de concierto de Granados nous ramène à un univers hispanique vibrant de passion et de fougue. Cette œuvre brillante, aux accents lisztiens, allie virtuosité éclatante et lyrisme généreux, portée par des harmonies chaleureuses et des couleurs chatoyantes.
Composée en 1845, la Barcarolle de Chopin compte parmi ses pages les plus solaires. Rappelant le chant des gondoliers vénitiens, elle évoque peut-être l’Italie rêvée que Chopin n’a entrevue qu’une seule fois, lors de son voyage de retour de Majorque. Entre raffinement harmonique et intensité expressive, l’œuvre, décrite par Ravel de « mystérieuse apothéose », est traversée d’une lumière irradiante, quasi-mystique.
Sommet du répertoire romantique, la Troisième Sonate en si mineur op. 58, composée en 1844, transporte par sa grandeur et la force émotionnelle qui s’y déploie. Épique et majestueuse, cette sonate met en avant une dualité entre éléments contraires : ombre et lumière, drame et espoir, force virile et fragilité inouïe, puissance et lyrisme... Traversée par tous les sentiments d’un cœur humain, de la tension dramatique à l’élan lumineux, elle conduit à une apothéose triomphale et jubilatoire qui marquera la fin de ce récit musical.
Programme
Domenico Scarlatti (1685 – 1757)
Sonate en ré mineur, K. 9 | 1738
Sonate en ré majeur K. 96
Sonate en ré mineur, K. 141
Félix Mendelssohn (1809 – 1847)
Variations sérieuses, op. 54 | 1841
Enrique Granados (1867 – 1916)
Allegro de concert, op. 46 | 1903
Frédéric Chopin (1810 – 1849)
Barcarolle en fa dièse majeur, op. 60 | 1845
Sonate n°3 en si mineur, op. 58 | 1844
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Archives nationales - Cour des Grands Dépôts
| 60 rue des Francs-Bourgeois 75003 Paris | |
| Hôtel de Ville | |
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Rambuteau |


